Les déplacements domicile-travail ne pèsent pas que sur le climat. La voiture individuelle est aussi un facteur majeur de pollution de l'air, de nuisances sonores, de contamination des eaux et de fragmentation des milieux naturels. Données chiffrées de l'Agence européenne de l'environnement (EEA) et, pour la France, de sources publiques (Santé publique France, Sénat, ADEME, ONISR) - sources indiquées section par section.
Au-delà du climat, la pollution de l'air, le bruit et les accidents ont un coût humain et économique considérable - et la circulation automobile y contribue largement. Ordres de grandeur issus de sources publiques.
Les chiffres de l'air et du bruit couvrent l'ensemble des sources ; la route en est une part majeure (≈ 37 % des oxydes d'azote, ≈ 98 Md€ du coût du bruit). Les accidents corporels relèvent, eux, entièrement du trafic routier. Données les plus récentes disponibles (2021-2025).
Le transport routier émet le dioxyde d'azote (NO₂) au niveau du sol, au plus près des habitants des zones denses. C'est la principale source de NO₂ et l'un des grands émetteurs d'oxydes d'azote (NOx) en Europe.
Selon l'EEA, le transport routier représentait environ 37 % des émissions de NOx dans l'UE. La pollution aux particules fines (PM2,5) reste, elle, à l'origine d'environ 182 000 décès prématurés par an dans l'UE-27, malgré une forte baisse depuis 2005. Réduire le trafic automobile, surtout en ville, fait partie des leviers identifiés.
Le trafic routier est la source de bruit la plus répandue, en ville comme à la campagne. Plus d'un Européen sur cinq vit dans une zone où le bruit des transports dépasse les seuils sanitaires ; ce ratio monte à près d'un sur trois selon les recommandations de l'OMS.
L'EEA estime qu'environ 92 millions de personnes sont exposées au bruit routier au-delà de 55 dB (jour-soir-nuit). L'exposition chronique au bruit des transports contribuerait à près de 66 000 décès prématurés par an en Europe, à des dizaines de milliers de cas de maladies cardiovasculaires, et à des troubles du sommeil pour des millions de personnes.
À chaque kilomètre, les pneus s'usent et libèrent de fines particules. Emportées par le ruissellement des routes vers les égouts puis les cours d'eau, elles transportent métaux (zinc, cuivre) et additifs chimiques.
D'après les travaux européens repris par l'EEA, l'usure des pneus représente de l'ordre de 450 000 tonnes de microplastiques par an dans l'UE - la deuxième source connue de microplastiques. Les voitures particulières en sont le principal contributeur, et le phénomène s'aggrave avec l'alourdissement des véhicules.
Routes, autoroutes et voies ferrées découpent les milieux naturels en parcelles de plus en plus petites. Cette fragmentation isole les populations animales, multiplie les collisions avec les véhicules et coupe l'accès aux ressources et aux sites de reproduction.
Selon l'EEA, l'expansion des réseaux urbains et de transport est la principale cause de fragmentation des paysages : 27 % du territoire de l'UE est considéré comme fortement fragmenté. À cela s'ajoute l'artificialisation des sols - de l'ordre de 1 500 hectares de terres, surtout agricoles, consommés chaque jour dans l'UE par les infrastructures et l'urbanisation.
L'ADEME propose un guide pour articuler de façon cohérente les politiques climat, air, énergie et bruit dans la planification locale (PCAET / PPBE), avec des repères réglementaires et des retours d'expérience de six territoires : « Convergence des actions Bruit, Climat, Air, Énergie pour une planification performante » (guide, 2018).